Formation de Cadres Supérieurs
de Production en Alternance
Résumé : L'Institut Supérieur Industriel Catholique du Hainaut (ISICHt),
qui fait actuellement partie de la Haute Ecole Roi Baudouin, participe depuis
près de 10 ans à une formation d'ingénieurs de production organisée en alternance
dans le nord de la France par l'IPHC. Dans le cadre du phasing-out de l'Objectif
1, l'ISICHt a proposé le projet FIPAL pour organiser le même type de formation
en Hainaut. Ce projet a été accepté et profite donc d'un financement
du FSE. La première formation a démarré fin septembre 2001.
Elle s'adresse à des gradués techniques et, en deux ans sous le régime de
l'alternance (1 semaine en école, 1 semaine en entreprise), forme des Cadres
Supérieurs de Production. Pour mettre le projet en œuvre, l'ISICHt
et l'Institut Supérieur Industriel de Mons (ISIMs) de la Haute Ecole de la
Communauté Française du Hainaut vont collaborer au sein d'une structure appelée
FORM@TIVES. Nous souhaitons qu'à coté des deux partenaires pédagogiques, des
organisations sectorielles et paritaires ainsi que quelques entreprises soutiennent
le projet en participant au comité de pilotage de FORM@TIVES.
1. Contexte
Ce projet veut valoriser
près de 10 années d'expérience de l'ISICHt dans une formation du même type
organisée en France par l'Institut Polytechnique du Hainaut-Cambrésis (IPHC)
et la mettre au service d'entreprises wallonnes qui ont déjà exprimé leur
besoin pour un nouveau profil d'ingénieur de niveau Ingénieur Industriel :
l'ingénieur de production.
En effet, on peut faire
le constat des faits suivants :
les ingénieurs des
formations classiques diplômés par les Hautes Ecoles et les Universités
ne peuvent satisfaire la demande ;
les passerelles
et les formations en horaire décalé peuvent être organisées pour donner
une chance supplémentaire d'accès aux titres d'ingénieurs industriels
mais seuls sont accessibles les titres définis dans les formations classiques
; par ailleurs, on constate que si l'on veut respecter l'équivalence stricto
sensu (c'est à dire les mêmes contenus), l'organisation des parcours est
souvent très difficile;
une enquête de FABRIMETAL
sur les besoins en ingénieurs met en évidence une demande pour un "ingénieur
de production" ;
ce Cadre Supérieur,
outre sa formation technique, doit avoir une expérience de l'entreprise
et de sa culture pour être rapidement opérationnel ;
face à la difficulté
de satisfaire les besoins immédiats en ingénieurs et notamment en ingénieurs
de production, des entreprises sont accueillantes pour des stagiaires
à mi-temps et longue durée.
2. La
proposition
L'examen de cette situation
prouve la pertinence du projet qui veut :
organiser une formation
nouvelle : "cadre supérieur de production"
avec une méthode
nouvelle adaptée au profil particulier : l'alternance
pour répondre à
un besoin exprimé par les entreprises.
Un point fort spécifique
de cette formation est l'intégration des aspects techniques, managériaux et
relationnels dans la fonction. L'alternance (une semaine en entreprise - une
semaine en école, par exemple) est essentielle car, si on ne peut négliger
les apports théoriques magistraux nécessaires dans cette intégration, il est
indispensable qu'ils soient vécus lors de la conduite d'un projet de longue
durée dans une entreprise.
La formation sera accessible
en priorité à des gradués diplômés dans un domaine technique et, la première
année, nous voudrions atteindre un effectif de 10 à 15 stagiaires.
Le programme de cours
utilisé actuellement à l'IPHC est le résultat d'une évolution sur plusieurs
années. Il résulte d'une expérience et est reconnu, en France, par la Commission
du Titre d'Ingénieur. De ce fait, il a servi de canevas pour définir un projet
de programme wallon tout en tenant compte des besoins spécifiques de nos entreprises.
Les modules de cours
et exercices comportent trois volets principaux et s'organisent sur deux ans
avec un total de +/- 1030 heures:
Formation en technique
(493 heures) (électrotechnique, électronique, automatisme, régulation,
capteurs et mesures, mécanique, résistance des matériaux, connaissance
des matériaux, mécanique des fluides, mécanique appliquée, thermodynamique,
aspects écologiques des techniques de production) ;
Il est prévu également
de renforcer la formation en langue grâce à un stage ainsi que d'exiger de
chaque stagiaire la réalisation et la soutenance d'un mémoire de fin d'études.
Il faut, en outre, tenir
compte de la valeur formative des heures passées en entreprise pour y mener
des projets identifiés et suivis par un tuteur-entreprise et un tuteur-école.
Cette notion de projet d'entreprise fait toute la différence entre la vraie
alternance telle que nous la prévoyons et une formation d'ingénieur en horaire
décalé organisée pour un travailleur.
Les cours seront organisés
sous forme de modules et chaque module devra être sanctionné par un test programmé
en fin de période. La formation sera certifiée dès que tous les modules seront
réussis, les travaux personnels et les projets d'entreprise clôturés de façon
satisfaisante au moins. Un conseil pédagogique suivra les étudiants.
3. Qui
organise ?
Si l'ISICHt, école d'ingénieurs
de la Haute Ecole Roi Baudouin, est à la base du dossier, une telle initiative
située à Mons doit pouvoir compter sur le partenariat des deux écoles d'ingénieurs
industriels de la ville. L'ISIMs, école d'ingénieurs de la Haute Ecole de
la Communauté Française du Hainaut, a marqué son accord pour participer au
projet. Puisque cette formation veut répondre à un besoin des entreprises,
celles-ci doivent pouvoir intervenir pour orienter son contenu et son organisation.
Nous avons ainsi imaginé
de créer une structure légère appelée FORM@TIVES pour organiser la formation
et de constituer un comité de pilotage de cette structure pour décider des
stratégies et veiller au sérieux de la mise en œuvre. Ce comité de pilotage
regrouperait des représentants des deux écoles d'ingénieurs industriels montoises,
de l'IPHC (école française d'ingénieur en alternance), de quelques entreprises
et des milieux sectoriels et paritaires.
4. Le
statut des stagiaires
En Wallonie, l'alternance
est essentiellement prévue pour des formations secondaires professionnelles
et, le plus souvent, pour un public en décrochage scolaire ou pour des formations
rapides de demandeurs d'emploi.
Notre proposition veut
faire reconnaître cette pratique dans le cadre de formation supérieure non
seulement car nous sommes convaincus de son efficacité mais aussi parce c'est
un moyen d'aplanir les frontières entre l'enseignement, la formation et les
entreprises. Malheureusement, les contraintes législatives et/ou administratives
ne laissent pas toujours les marges de manœuvre que l'on pourrait souhaiter.
Le statut du stagiaire
est celui d'un salarié à mi-temps dans l'entreprise (C.D.D. de 2 ans
ou C.D.I.), suivi d'un emploi de cadre de niveau ingénieur industriel
d'au minimum 6 mois.
5. La
reconnaissance pour le stagiaire formé
Il n'est pas possible
de délivrer un diplôme officiel à la fin de la formation mais on garantis
au stagiaire sérieux un premier emploi dans l'entreprise à un niveau d'ingénieur
industriel. Les organisations sectorielles pourraient aussi offir une reconnaissance
dans leur milieu surtout si elles participent au pilotage de la formation.